A plusieurs reprises, sur “Now, cultures !”, nous avons pu mettre en avant les effets plus que néfastes de la politique Sarkozy sur la culture et la création. La grève des personnels du Centre Georges Pompidou en est une nouvelle illustration.
Depuis lundi dernier, le Centre est fermé au public suite à une grève massive et reconductible des personnels, à l’appel d’une intersyndicale très large (CGT, FO, UNSA, CFDT et CFTC). Que dénoncent-ils ? La suppression de 49 emplois (26 cette année, 23 l’an prochain) sur les 1.100 que compte l’établissement. Restructuration ? Redéfinition des missions ? Externalisation ? Même pas… Non, juste la mise en œuvre pure et simple de la RGPP, sigle anodin qui cache la “Révision générale des politiques publiques”.
L’idée : l’Etat passe en revue l’ensemble des politiques publiques menées par ses services pour en évaluer les effets et l’efficacité. Pourquoi pas… La méthode ? L’audit interne des politiques publiques. Admettons… On en déduit donc que les suppressions d’emplois prévues à Beaubourg résultent d’une vaste étude, d’un audit, qui propose une réorganisation, des mutualisation etc… Et bien non ! Parce que la principale mesure issue de cette RGPP est le non-remplacement d’un fonctionnaire ou agent public partant en retraite sur deux… Cette mesure est politiquement détestable parce qu’elle ne voit derrière une politique publique qu’une dépense au détriment de la nature ou de la qualité du “service” rendu à la population. Elle devient en plus brutale lorsqu’elle est appliquée dans une logique purement comptable.
Jugez-en plutôt : le gouvernement a prévu pour 2010 la suppression de 34.000 emplois dans la fonction publique d’Etat, soit 1,4% des effectifs. A Beaubourg, c’est 26 suppressions d’emplois qui sont programmées, soit 2,4%. A-t-on détecté des gisements de fonctionnaires inoccupés dans les coursives du Centre qui justifieraient cet écart ? Absolument pas. Les salariés de Beaubourg ont tout simplement eu la mauvaise idée d’être plus âgés (44% ont plus de 50 ans) et donc plus nombreux à prendre leur retraite ! En 2006, un rapport du Ministère de la Culture avait conclu, après un conflit social fin 2006, à la nécessité de création de 60 postes dans l’établissement pour lui permettre de fonctionner normalement. La RGPP ferait disparaître ces postes en à peine deux ans…Il faut ajouter que l’enveloppe de l’Etat (77 millions d’euros) n’a pas augmenté depuis 2003.
Cette logique permet de faire tomber les masques : la RGPP n’est pas un outil qualitatif, c’est une machine à détruire le service public, morceau par morceau, petit bout par petit bout. Un chiffre permet d’en mesurer le risque : le nombre de fonctionnaire d’Etat pour 100 habitants était de 4,2 en 1990. Il ne sera plus que de 3,5 en 2012. Le recul du service public national, c’est le recul de la solidarité…
Le 2 décembre prochain, ce sont les sept organisations syndicales représentées au Ministère de la Culture (CFDT, FO, CGT, UNSA, CFTC, FSU et SUD) qui appellent à une journée de grève dans 80 établissements publics culturels (musées, théâtres etc…) pour dénoncer ces mesures. Et si Pompidou faisait tâche d’huile ?
[...] Quand la RGPP se coince dans les tuyaux de Beaubourg… par brunocarrere [...]
[...] déjà été évoquées dans “Now, cultures !” par brunocarrere dans son billet “Quand la RGPP se coince dans les tuyaux de Beaubourg“. Nemesisparis a de son côté traité des conséquences de l’article 52 de la Loi de [...]
[...] } En écho au billet écrit par Bruno (Quand la RGPP se coince dans les tuyaux de Beaubourg), vous trouverez ci-après la lettre ouverte adressée par les conservateurs du musée national [...]
[...] l’explique Bruno dans son billet sur la RGPP et Beaubourg, la crise économique n’est pas la seule explication de la grève que mènent les salariés [...]