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Impossible absence

Vous trouverez ci-après l’appel lancé par le magazine Horschamps le 27 janvier dernier :

L’absence actuelle de vrai débat public sur la place de l’art et de la culture dans notre société est un symptôme historique extrêmement inquiétant.

Elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d’abandon d’une part fondamentale de l’histoire de notre pays.

Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée aux choses de l’esprit, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Cette absence fait planer la menace d’une défaite devant l’invasion délétère de l’esprit marchand imposée par ce que l’on nomme « globalisation ».

Les politiques qui refusent l’ordre néolibéral doivent le comprendre : non seulement la culture – au sens le plus large du mot -, est un enjeu fondamental de civilisation, mais c’est aussi pour eux un atout politique majeur.

Comme le dit le grand dramaturge Edward Bond, « que nous resterait-il aujourd’hui des Grecs s’ils ne nous avaient laissé une philosophie, un théâtre, une mythologie, des temples, des statues ? » Autrement dit un immense arrière-plan artistique et culturel créé à partir d’outils symboliques : une langue, des codes, des signes qui nous relient à une mémoire commune, à une volonté d’être ensemble et de rencontrer l’autre, de se frotter à l’inconnu, qui nous constituent en tant qu’êtres pensant, rêvant, imaginant, désirant, créant, construisant l’improbable avenir.

Ce sont ces outils qui nous permettent de nous penser, de nous ressentir, autrement qu’en tant que consommateurs ou marchands…

Notre histoire récente fut traversée de soubresauts où cette aspiration – ce désir collectif, parfois confus, souvent éclatant et vibrant – s’est manifestée. Des outils ont été construits avec le Conseil National de la Résistance. C’est ce que l’on appelle « le service public de la culture ». Il ne s’agit, en réalité, de rien d’autre que la manifestation concrète, politique, d’une volonté de donner à l’esprit sa vraie valeur dans la collectivité.
Ce service public, qui en France fut incarné par un ministère de la Culture, est en passe d’être démantelé.

Deux événements peu commentés, font figure de symptôme.
Au moment précis où plusieurs études alertent sur la désaffection de la lecture parmi les jeunes Français, la direction du Livre du Ministère a été supprimée l’automne dernier ; celles du théâtre, de la musique, de la danse et des arts plastiques ont depuis subi le même sort.
Dans le cadre d’une révision générale des politiques publiques qui veut tout soumettre, y compris l’inquantifiable, à la « rationalité économique », l’ensemble des directions artistiques sont réduites à une Direction générale de la création artistique, coincée entre une Direction des patrimoines et celle des médias et des industries culturelles.
On peut craindre que l’art ne soit plus la priorité de ce ministère…

La même rationalité économique a présidé aux débats du Forum d’Avignon : « économie et culture », présenté comme un « Davos de la culture ». Le symbole est fort. Au moment où la « crise » prouve l’inanité des dogmes néolibéraux qui dominent l’Europe, la culture devient l’ultime nappe phréatique où puiser, au service d’intérêts qui lui sont totalement étrangers.

Quel crédit porter à une « économie créative » initiée par des dirigeants d’entreprises comme Nicolas Seydoux, Didier Lombard et Axel Ganz ? Que peut véhiculer une telle « culture », réduite et instrumentalisée par les impératifs d’une « économie de la connaissance ? »

Dans l’Europe néolibérale, un faisceau de signes innombrables converge vers la destruction de ce que nous appelons l’humain. Brutalité d’une main, propagande de l’autre, encouragement général à cesser de penser et échanger. Cet encerclement qui concerne tous les aspects de nos vies tend à faire de chacun un individu dénué de sens collectif. On peut s’inquiéter de ce qu’il adviendrait d’une civilisation déjà très altérée par un individualisme stérile, une fois amputée de ce qu’il lui reste de capacité à utiliser le symbole comme moyen d’échange et de construction d’une richesse culturelle commune.

À leur échelle, de nombreuses collectivités territoriales, avec des politiques qui prennent en compte différents niveaux de l’action artistique et culturelle et pallient les désengagements de l’État, tentent de résister à ce rouleau-compresseur. Comment pourront-elles agir demain, face à un gouvernement qui risque de les priver de toute marge de manœuvre en leur déniant la compétence culturelle ?

Il est temps de l’affirmer : nous avons ici des valeurs essentielles à défendre et à promouvoir.
Ces valeurs, ne doivent pas, sous peine d’effacement, se soumettre à la tyrannie du chiffre. Voici un débat public qui mérite vraiment d’être ouvert !

Pour signer l’appel, comme Danielle Mitterrand, Stéphane Hessel, Roland Gari, Bernard Lubat, Marcel Gauchet, Robin Renucci, et tant d’autres, cliquez là.

Le 15 janvier 2010

L’Observatoire de la liberté de création soutient Rahyana

Dans sa pièce, “A mon âge, je me cache encore pour fumer”, Rahyana montre neuf femmes qui se confient, entre fous rires et larmes, dans l’intimité d’un hammam d’Alger. Elles parlent de l’oppression qu’elles subissent, de la violence et de la guerre, mais aussi de leur corps et des traditions de leur pays. Lire la suite »

En attendant qu’Isabelle réussisse à  intégrer le “pool” des contributeurs de “Now, cultures !”, voici en exclusivité sa première revue de presse. Celle-ci a vocation à pointer des articles, billets, tribunes et autres écrits favorisant notre réflexion collective en matière de culture(s). Alors… bonnes lectures !

Les personnels du ministère de la Culture et de la Communication ont lancé une pétition contre la Révision Générale des Politiques Publiques (la fameuse RGPP) et ses effets désastreux sur la culture. Nous avons déjà évoqué ce sujet lors de plusieurs billets :

Vous trouverez ci-dessous le texte de cette pétition, ainsi que le lien permettant de la signer : Lire la suite »

La grève des musées nationaux ainsi d’ailleurs que les conséquences de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) en matière de culture ont déjà été évoquées dans “Now, cultures !” par brunocarrere dans son billet “Quand la RGPP se coince dans les tuyaux de Beaubourg“. Nemesisparis a de son côté traité des conséquences de l’article 52 de la Loi de Finances 2010, dans son billet “Soldes monstres (et monstrueux) sur le patrimoine“.

Ce sont en grande partie ces deux phénomènes qui animent les mouvements de grève actuels des agents du ministère de la culture, et plus particulièrement des agents du musée du Louvre. La mobilisation étant amenée à s’installer dans la durée, la grève prend désormais une tournure différente, via des moments symboliques, tel que celui qui a été organisé le 21 décembre dernier, avec le bloquage des guichets et la gratuité concomitante du musée.  Lire la suite »

antennerelais, blogueur émérite qui, depuis près de 3 ans traque les errements de la Sarkozie et débusque les intox et autres désinformations, a soulevé un sacré lièvre culturel, dans son billet “à la recherche de la citation de Proust par Carla Bruni“. Lors d’une émission complaisante, l’épouse de “notre” président s’est en effet essayée à la référence “hyper” culturelle, évoquant un supposé passage de La Recherche du Temps perdu de Marcel Proust. Il semble bien que ce soit une supercherie, qui révèle la stratégie marketing à l’oeuvre autour de la première dame…

Je vous conseille vivement d’en prendre connaissance, espérant que, comme cela m’est arrivé, vous pousserez quelques rires et que vous découvrirez quelques “perles de culture”. Voici en avant goût un extrait de ce billet : Lire la suite »

… pendant quelques jours.

D’ici notre retour, n’hésitez pas à farfouiller dans les précédents billets, pour vous assurez que vous n’avez pas manqué quelques billets intéressants. Et puis, surtout, réfléchissez à vos prochaines contributions et écrivez à nowcultures@yahoo.fr

Bonnes fêtes de fin d’année à tous !

Le quai d’Orsay qui abrite la diplomatie française est un lieu où, traditionnellement, tout est mesuré et feutré. Mais voici que depuis quelques jours ces messieurs et dames policés se mettent à parler :

Le cercle Paul-Claudel, un groupe de diplomates et de représentants d’institutions qui se revendiquent de tous âges et de toutes tendances politiques, a lancé une alerte à la liquidation du réseau culturel français dans le monde (Libé du 11 décembre). Le principal responsable à leurs yeux est l’actuel ministre des Affaires étrangères et européennes. Lire la suite »

La loi de finances 2010 s’annonce et avec elle une masse de bonnes nouvelles sarkozyennes. Vous avez certainement entendu parler de la suppression de milliers de postes de fonctionnaires, de la réduction des aides à la création, de l’emprunt national ou de la fiscalisation des indemnités d’accident du travail. Mais avez-vous entendu parler de l’article 52 du projet de loi ? Lire la suite »

En écho au billet écrit par Bruno (Quand la RGPP se coince dans les tuyaux de Beaubourg), vous trouverez ci-après la lettre ouverte adressée par les conservateurs du musée national d’Art moderne au ministre de la culture :

A MONSIEUR FREDERIC MITTERAND, MINISTRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

Le 26 novembre 2009

Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, le Musée national d’art moderne, département fondateur du Centre Pompidou, est une institution muséale mondialement connue et sans équivalent en Europe par l’abondance et la diversité de ses collections d’art moderne et contemporain (peinture, sculpture, art graphique, photographie, architecture, design, film, nouveaux médias, livre). Lire la suite »

Le samedi 5 décembre 2009, des manifestations ont eu lieu dans le monde entier pour demander la démission de Silvio Berlusconi de son poste de chef du gouvernement italien. Lancée initialement par un groupe de blogueurs ayant utilisé les réseaux sociaux (notamment Facebook), cette initiative a été renforcée par l’arrivée de certaines formations politiques et des mouvements très divers, agrégeant de nombreuses revendications, depuis la dénonciation de l’hégémonie de Berlusconi sur la télévision italienne, jusqu’au combat pour obtenir la vérité sur la mort du juge Paolo Borsellino en 1992, en passant par l’opposition au pont sur le détroit de Messine ou la défense des immigrés.

Plusieurs choses me semblent intéressantes dans cette manifestation. Lire la suite »

C’est le parallèle dressé par Arte dans une émission du 2 décembre, dans laquelle sont évoqués les effets de la crise sur la culture, tant en France qu’en Allemagne, en partant de l’exemple de la grève de Beaubourg.

Comme l’explique Bruno dans son billet sur la RGPP et Beaubourg, la crise économique n’est pas la seule explication de la grève que mènent les salariés du centre Georges Pompidou depuis le 23 novembre. Notamment parce que le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux est avant tout une posture idéologique, sensée s’appliquer à tout le secteur public, indépendamment des besoins réels de tel ou tel secteur, indépendamment également de la pyramide des âges de chaque structure. Beaubourg accueille chaque année plus de 3 millions de visiteurs qui ne semblent pas se plaindre de la supposée trop grande qualité de l’accueil. Lire la suite »

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